|
Nous
arrivons Charles, mon épouse et moi au terrain vers
10 heures. Il fait beau, et il y a déjà
beaucoup de monde. C'est le sourire de Simone qui nous
accueille, oui, la journée va être belle.
Nous sommes conviés à nous asseoir. Les
officiels prennent place à la tribune autour de
Charles Atger.
Monsieur Lerat, président de la commission historique
de la FFVV, déclare en préambule que Charles
ATGER est revenu d'Argentine pour recevoir sa
médaille.
Ça commence mal... Voilà que l'historien
officiel escamote 8 années de la
vie de Charles Atger en une phrase presque anodine. En
effet, il faut rappeler que j'ai retrouvé Charles
Atger en 1997 et qu'il est venu en Creuse voler sur "son"
Air 100, du 6
au 13 juillet
1998, et qu'il est faux de laisser supposer qu'il arrive
tout droit d'Argentine.
Pour l'histoire :
L'air 100 n° 12 était la propriété
du club creusois depuis 1969, et ce fut à une
époque "le planeur perfo", beaucoup ont fait leur
"50" avec lui. Souvent à son bord, il nous arrivait
de penser à celui qui était resté une
journée et deux nuits en l'air, pour battre le
record. Où était-il ? Était-il mort ?
vu son grand âge...
Je suis responsable de
son retour au vol à voile en France, puisqu'il avait
décidé de raccrocher. A cette époque
j'étais trésorier du club et président
du comité départemental. Pour la manifestation
creusoise, nous avons dû lui faire repasser la visite
médicale et le conduire au district de Limoges en
catastrophe, pour faire tamponner son carnet de vol, afin
qu'il puisse voler le 6.
Lors de cette
manifestation, une exposition sur le record a
été réalisée avec entre-autres,
le concours de... la commission historique de la FFVV,
d'où mon étonnement sur ce trou
noir.
Une autre mise au
point s'impose également pour le strict respect de
l'histoire de Charles Atger :
J'ai
encore découvert dans un document
présenté au club des Alpilles, et sur son site
Internet, la fameuse légende du "tracteur
d'entraînement". Comment se fait-il que l'on continue
de propager cette fantaisie, alors que Charles Atger, en
Creuse, l'a démentie en public, et en présence
des président, directeur et un responsable de la
commission historique de la FFVV,
J. Barnérias
?
On peut donc encore lire : "Charles
Atger appartient à lAéro-club de
Marseille. Âgé de 31 ans, il totalise environ
650 heures de vol. Sa profession est celle
dagriculteur et lon dit quen vue de sa
tentative, pour sentraîner à vaincre le
sommeil, il labourait ses champs, ces temps derniers, la
nuit, en conduisant son tracteur..."
Le plus simple est d'écouter Charles Atger : "Mon
père était quelqu'un de très strict.
Pour pouvoir m'absenter plusieurs jours pour voler, je
devais avoir fait le travail dans la
propriété. C'est pourquoi je labourais parfois
la nuit." Ça, c'est la vérité
historique ! Donc il va falloir modifier...
Ces mises au point
étant faites, je tiens à féliciter et
remercier le club des Alpilles emmené par
son dynamique président pour cette belle
journée. Je sais ce que représente
l'organisation d'une
telle manifestation.
Parmi les moments
forts, la remise de la médaille de la FFVV à
Charles Atger, la prestation de Marinette Garbarino qui
racontait avec beaucoup de verve et de modestie son record
avec Jacqueline Mathé. Elle enchaînait
après la projection que je qualifierai de
malencontreuse, d'un film "Pathé-Cinéma"
d'époque, de l'accident de Dauvin (2 projections
successives...). Triste...
Mais, deux démonstrations magnifiques de voltige par
Michel Serre, et le super aïoli du midi,
contribuèrent à nous faire passer une
très bonne journée.
Et l'Air 100 n°12
dans tout cela ? Il semblerait qu'il ait été
vendu récemment. La Creuse n'a pas voulu le garder
dans son patrimoine, il a été vendu comme une
marchandise, et il est à craindre qu'il ne revolera
plus jamais.
Moi, j'avais rêvé son retour aux
Alpilles...
Quant à Charles
Atger, il vole toujours au dessus de ces chères
Alpilles, il vient de boucler 200 heures depuis le
début de la saison. Le club a beaucoup de chance, car
quel exemple pour tous et en particulier pour les jeunes que
ce grand champion, modeste,"pur amateur", ce qui n'est plus
très courant à une époque où le
sport en général est gangrené par
l'argent.
Alain
Coldre - Avril 2002
|