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CHAMBONCHARD, le village fantôme...

 

 

Une petite commune creusoise anéantie par un projet de barrage qui ne se fera jamais...

Triste feuilleton qui vient de s'achever officiellement le 18 février 2008

Reportages et articles d'Icilacreuse.com en :

Novembre 2001 - Décembre 2005 - Février 2008

 

Novembre 2001
Un reportage réalisé par A. Coldre pour "icilacreuse.com"

"Vendredi 2 novembre 2001, je rencontre le maire Gérard ROUFFET, qui nous raconte la triste aventure d'un projet qui a ruiné sa commune."
Le barrage ? "On" en parle depuis 1860, puis en 1910 après les inondations de Paris...
Avril 2002 : Les médias reparlent de Chambonchard, certains font du sensationnel. En fait, l'EPALA, toujours propriétaire des maisons, entoure de barrières les bâtiments qui menacent de s'écrouler. Les rares habitants qui sont restés dans leur maison, se sont fait entendre afin de ne pas être clos comme des moutons.
Le maire, considérant la période trouble vécue en France, ne voit pas la situation évoluer avant longtemps.

L'histoire ....

1963 : le projet est lancé, "on" étudie pendant une vingtaine d'années, pour une retenue d'eau de 200 millions de m3.

1969 - 1970 : EDF reprend les études.

1979 : Le gouvernement appuie le rapport de l'ingénieur général CHAPON au sujet de la nécessité de protection et d'aménagements intégrés du bassin de la Loire.

1980 : L'association nationale de réflexion pour l'aménagement du bassin de la Loire, présidée par Jean ROYER, donne priorité au barrage de Chambonchard.

1982 : Le nouveau gouvernement de gauche prépare une structure chargée de l'aménagement global de la Loire.

1984 : L'Auvergne et l'Allier adhèrent à l'EPALA ( Établissement Publique d'Aménagement de la Loire et de ses Affluents)

1986 : Des études ramènent le volume à 120 millions de m3. Les travaux commenceraient en 1988, et la mise en eau aurait lieu en 1992. Huguette BOUCHARDEAU, ministre de l'environnement signe un protocole d'accord avec l'EPALA, pour la construction de quatre barrages, dont celui de Chambonchard. Le comité de sauvegarde de la vallée de Chambonchard se créé.

Le barrage aura pour fonctions : Réguler le débit de la Loire, irriguer la vallée du Cher, et alimenter en eau la ville de Montluçon.

C'est à cette période que "l'on" suggère à la population de vendre les maisons et terrains à l'amiable à l'EPALA, puisque maintenant "c'est sur", le barrage va se faire.
Les habitants de Chambonchard, placés dans la logique de barrage, depuis 1963, ne faisaient plus alors que des petits travaux d'entretien, au détriment de l'état des habitations. Pour mieux faire passer "la pilule", "on" parlait même de démonter l'église du XIème siècle (classée) pierre par pierre, pour la remonter plus haut dans le village.

1986 à 1993 : Les ventes ont lieu. 18 maisons et dépendances, 65 ha de bois, et 80 ha de terre agricole (sur la commune de Chambonchard et dans le hameau de Valette)

1989 : Stagnation... Le ministre "écologiste" Brice LALONDE veut revoir le projet.

1990 : Brice LALONDE, opposé au projet du Comité pour la Promotion, la Réalisation et l'Aménagement de Chambonchard (COPREA), propose de surélever le barrage de Rochebut pour stocker plus d'eau. Ce grand homme avait juste oublié que cette solution anéantissait la totalité du village de Chambonchard, mais aussi Chambon sur Voueize !

1991 : Abandon officiel du projet. Le gouvernement lance l'étude de reconstruction de Rochebut. Mais cette idée, pourtant lancée par un écologiste rencontre l'oppositions des riverains et des écologistes (...). Ce projet implique l'immersion d'anciennes mines d'or contenant de nombreux déchets toxiques.

1992 : En août, Ségolène ROYAL, ministre de l'environnement confirme Rochebut, mais en octobre, Pierre BEREGOVOY, premier ministre, rouvre le dossier du barrage de Chambonchard...

1993 : Reconnaissance par les députés de la nécesscité d'aménager le Cher. Cependant, L'EPALA n'achète plus, car le doute s'installe, le projet aurait-il du plomb dans l'aile ?

4 Janvier 1994 : Le savoyard Michel BARNIER, ministre de l'environnement, relance le projet baptisé "Le plan Loire grandeur nature", et propose un barrage ramené à...50 millions de m3 !
Les élus locaux contestent, et obtiennent "à l'arracher", 83 millions de m3, pour le tourisme.
Les études sont "ficelées", l'enquête publique est programmée. A ce moment, des contre-études, menées par des mouvements écologistes retardent le démarrage de l'enquête.

1995 : L'EPALA accepte un ouvrage de 80 millions de m3, et annonce le début des travaux pour fin 1995.

Juin 1996 : L'État, par l'intermédiaire des préfets, lance l'enquête publique auprès de 117 communes riveraines du Cher, situées en aval de Chambonchard. Le résultat est favorable au projet.

12 décembre 1996 : Les préfets de l'Allier et de la Creuse signent conjointement l'arrêté de DUP (Déclaration d'Utilité Publique), pour 5 ans. (DUPE ?)

1997 : Enfin, ça y est, les travaux vont commencer, c'est officiel ! déclare le COPREA.

Le financement pour un coût total de 600 millions de francs : État (EPALA) 340 millions, Agence de l'eau 190 millions, État (ministère de l'environnement) 70 millions.

Alain JUPPE, premier ministre prévoit de débloquer les fonds dans le courant de l'été.
Mais... Jacques CHIRAC, dissout l'Assemblée Nationale, une nouvelle majorité de gauche revient aux affaires, avec Dominique VOYNET comme ministre de l'environnement. Nouvelle ministre, elle tient à consulter le dossier, deux années s'écoulent (comme l'eau du Cher). En novembre, elle annonce au Parlement que le gouvernement fera connaître dans les semaines à venir le résultat de l'expertise (encore une...) sur l'intérêt ou non de construire le barrage.

2 juillet 1998 : Dominique VOYNET vient "se rendre compte" sur place.

23 juillet 1999 : C'est l'annonce officielle faite au CIAT ( Comité Interministériel de l'Aménagement de Territoire), réuni à Arles, le gouvernement se retire du projet, et supprime sa participation au financement.

Ensuite, des décisions arrivent en cascade : L'agence de l'eau se retire ainsi que l'EPALA qui ne peut financer seul.

L'après barrage...
D'abord une remarque : Pendant toutes ces années, plusieurs cabinets d'expertises ont fourni des études parfois contradictoires, voire même antagonistes, pour un projet identique, en fonction des commanditaires, en l'occurrence, les différents gouvernements.

Malgré le retrait des financeurs, l'arrêté de DUP courre toujours jusqu'au 12 décembre 2002, "le barrage se fera", en effet, cela peut se faire, mais sans argent !

Gérard ROUFFET, et sa municipalité se battent maintenant pour obtenir réparation pour le préjudice subit par le village depuis près de 40 ans.

Il parle avec amertume de cet immense gâchis :
Maisons en ruines, destruction irréversible de la cohésion de la commune, village fantôme, préjudice humain et affectif, perte d'habitants ( voir les statistiques en bas de page), perte de commerce (restaurant).

Pour la commune, les conséquences sont graves au plan financier : Plus de taxe d'habitation, perte de dotations de l'État qui se font au nombre d'habitants...


La réparation des préjudices subits : "Nous voulons obtenir de toute urgence, la rétrocession du patrimoine acquis par l'EPALA, afin de pouvoir faire revivre le Bourg déserté, en cédant même à bas prix les habitations à restaurer, à tous ceux qui voudront venir dans notre belle vallée. Nous voudrions aussi que l'EPALA verse à la commune une indemnité de 10 millions de francs, qui serviraient à détruire les ruines, réhabiliter les maisons, aménager le centre-bourg, et réouvrir le restaurant. C'est crucial pour Chambonchard".

Une chose est sure, les anciens habitants partis s'installer ailleurs ne reviendront plus...


Cliquez sur la photo pour visiter

La seule construction qui fut réalisée, est ce chalet en bois, pour exposer les maquettes du barrage..."On" y croyait...

La note positive : La municipalité fait restaurer la toiture de l'église, la vie reprendra à Chambonchard !

Visite de Chambonchard en images Cliquez sur la photo.

Icilacreuse.com - Novembre 2001


Décembre 2005
En novembre 2001, j'avais réalisé un reportage avec le maire de la commune.
( Voir ci-dessus)

En décembre 2005, on reparle de Chambonchard dans les médias ( La Montagne - Jeudi 8 décembre 2005), FR3 etc ...

Il semblerait que la saga vieille de plus de 40 ans trouve prochainement une issue favorable.

La rétrocession des terres par l'EPL ( anciennement EPALA - Établissement Publique d'Aménagement de la Loire et de ses Affluents) au Conseil Général de la Creuse, va peut être permettre de redonner vie au village dévasté.

Cet énorme gâchis, évoluant en fonction des nombreux ministres qui se sont succédés, aura coûté la bagatelle de 21 millions d'euros !

Il faut souligner qu'aucune rétrocession n'a pas encore été engagée du côté du département de l'Allier.

Décembre 2005 - A.C pour Icilacreuse.com


18 février 2008

La vallée va revivre. Les terrains de la Vallée de la Creuse ont été officiellement rétrocédés aux collectivités locales, pour l'euro symbolique.

Le Conseil général fait de l'aménagement de la vallée de Chambonchard, le deuxième site emblématique (après l'étang des Landes) de sa politique patrimoniale.

Le village renait, déjà l'auberge a été restaurée et tourne à plein régime.

Lire le reportage complet dans "La MONTAGNE " du 19 février 2008

 


La presse en a parlé...
La Montagne :
23/02/1999 "Le maire n'y croit plus, et demande une indemnité de 10 MF"
24/07/1999 "Barrage de Chambonchard - L'état tranche pour l'abandon - L'histoire fleuve d'un barrage"
26/07/2001 "Chambonchard - le village fantôme veut renaître"
28/09/2001 "Chambonchard, symbole d'un canton malade"
08/12/2005 "Chambonchard sauvé des eaux ? "
18/02/2008 "Après 10 ans de gel, la vallée va revivre"

Le Monde : 11/08/1998 "La construction de dernier grand barrage du bassin de la Loire est contestée"

Le Journal du dimanche : 19/08/2001 " Le village fantôme veut retrouver son âme"

La Creuse agricole et rurale : 28/08/1998 "Barrage de Chambonchard, bientôt une réponse ? - Gérard Rouffet, le Maire, c'est une situation d'urgence !"


Année

1851

1901

1946

1990

1999
Population
463
382
231
116
84


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