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L'histoire
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1963 : le
projet est lancé, "on" étudie pendant une
vingtaine d'années, pour une retenue d'eau de 200
millions de m3.
1969 - 1970 :
EDF reprend les études.
1979 : Le
gouvernement appuie le rapport de l'ingénieur
général CHAPON au sujet de la
nécessité de protection et
d'aménagements intégrés du bassin de la
Loire.
1980 :
L'association nationale de réflexion pour
l'aménagement du bassin de la Loire,
présidée par Jean ROYER, donne priorité
au barrage de Chambonchard.
1982 : Le
nouveau gouvernement de gauche prépare une structure
chargée de l'aménagement global de la
Loire.
1984 :
L'Auvergne et l'Allier adhèrent à l'EPALA (
Établissement Publique d'Aménagement de la
Loire et de ses Affluents)
1986 : Des
études ramènent le volume à 120
millions de m3. Les travaux commenceraient en
1988, et la mise en eau aurait lieu en 1992. Huguette
BOUCHARDEAU, ministre de l'environnement signe un protocole
d'accord avec l'EPALA, pour la construction de quatre
barrages, dont celui de Chambonchard. Le comité de
sauvegarde de la vallée de Chambonchard se
créé.
Le barrage aura pour
fonctions : Réguler le débit de la Loire,
irriguer la vallée du Cher, et alimenter en eau la
ville de Montluçon.
C'est à
cette période que "l'on" suggère à la
population de vendre les maisons et terrains à
l'amiable à l'EPALA, puisque maintenant "c'est sur",
le barrage va se faire.
Les habitants de Chambonchard, placés dans la logique
de barrage, depuis 1963, ne faisaient plus alors que des
petits travaux d'entretien, au détriment de
l'état des habitations. Pour mieux faire passer "la
pilule", "on" parlait même de démonter
l'église du XIème siècle
(classée) pierre par pierre, pour la remonter plus
haut dans le village.
1986 à
1993 : Les ventes ont lieu. 18 maisons et
dépendances, 65 ha de bois, et 80 ha de terre
agricole (sur la commune de Chambonchard et dans le hameau
de Valette)
1989 :
Stagnation... Le ministre "écologiste" Brice LALONDE
veut revoir le projet.
1990 : Brice
LALONDE, opposé au projet du Comité pour la
Promotion, la Réalisation et l'Aménagement de
Chambonchard (COPREA), propose de surélever le
barrage de Rochebut pour stocker plus d'eau. Ce grand homme
avait juste oublié que cette solution
anéantissait la totalité du village de
Chambonchard, mais aussi Chambon sur Voueize !
1991 : Abandon
officiel du projet. Le gouvernement lance l'étude de
reconstruction de Rochebut. Mais cette idée, pourtant
lancée par un écologiste rencontre
l'oppositions des riverains et des écologistes (...).
Ce projet implique l'immersion d'anciennes mines d'or
contenant de nombreux déchets toxiques.
1992 : En
août, Ségolène ROYAL, ministre de
l'environnement confirme Rochebut, mais en octobre, Pierre
BEREGOVOY, premier ministre, rouvre le dossier du barrage de
Chambonchard...
1993 :
Reconnaissance par les députés de la
nécesscité d'aménager le Cher.
Cependant, L'EPALA n'achète plus, car le doute
s'installe, le projet aurait-il du plomb dans l'aile
?
4 Janvier 1994
: Le savoyard Michel BARNIER, ministre de l'environnement,
relance le projet baptisé "Le plan Loire grandeur
nature", et propose un barrage ramené
à...50 millions de m3 !
Les élus locaux contestent, et obtiennent "à
l'arracher", 83 millions de m3, pour le
tourisme.
Les études sont "ficelées", l'enquête
publique est programmée. A ce moment, des
contre-études, menées par des mouvements
écologistes retardent le démarrage de
l'enquête.
1995 : L'EPALA
accepte un ouvrage de 80 millions de m3, et
annonce le début des travaux pour fin
1995.
Juin 1996 :
L'État, par l'intermédiaire des
préfets, lance l'enquête publique auprès
de 117 communes riveraines du Cher, situées en aval
de Chambonchard. Le résultat est favorable au
projet.
12 décembre
1996 : Les préfets de l'Allier et de la Creuse
signent conjointement l'arrêté de DUP
(Déclaration d'Utilité Publique), pour 5 ans.
(DUPE ?)
1997 : Enfin,
ça y est, les travaux vont commencer, c'est officiel
! déclare le COPREA.
Le financement pour
un coût total de 600 millions de francs :
État (EPALA) 340 millions, Agence de l'eau 190
millions, État (ministère de l'environnement)
70 millions.
Alain JUPPE, premier
ministre prévoit de débloquer les fonds dans
le courant de l'été.
Mais... Jacques CHIRAC, dissout l'Assemblée
Nationale, une nouvelle majorité de gauche revient
aux affaires, avec Dominique VOYNET comme ministre de
l'environnement. Nouvelle ministre, elle tient à
consulter le dossier, deux années s'écoulent
(comme l'eau du Cher). En novembre, elle annonce au
Parlement que le gouvernement fera connaître dans les
semaines à venir le résultat de l'expertise
(encore une...) sur l'intérêt ou non de
construire le barrage.
2 juillet 1998
: Dominique VOYNET vient "se rendre compte" sur
place.
23 juillet 1999
: C'est l'annonce officielle faite au CIAT ( Comité
Interministériel de l'Aménagement de
Territoire), réuni à Arles, le gouvernement se
retire du projet, et supprime sa participation au
financement.
Ensuite, des
décisions arrivent en cascade : L'agence de l'eau se
retire ainsi que l'EPALA qui ne peut financer
seul.
L'après
barrage...
D'abord une remarque : Pendant toutes ces années,
plusieurs cabinets d'expertises ont fourni des études
parfois contradictoires, voire même antagonistes, pour
un projet identique, en fonction des commanditaires, en
l'occurrence, les différents
gouvernements.
Malgré
le retrait des financeurs, l'arrêté de DUP
courre toujours jusqu'au 12 décembre 2002, "le
barrage se fera", en effet, cela peut se faire, mais sans
argent !
Gérard
ROUFFET, et sa municipalité se battent maintenant
pour obtenir réparation pour le préjudice
subit par le village depuis près de 40
ans.
Il parle avec
amertume de cet immense gâchis :
Maisons en ruines, destruction irréversible de la
cohésion de la commune, village fantôme,
préjudice
humain et affectif, perte d'habitants ( voir les
statistiques en bas de page), perte de commerce
(restaurant).
Pour la commune,
les conséquences sont graves au plan financier :
Plus de taxe d'habitation, perte de dotations de
l'État qui se font au nombre
d'habitants...
La réparation des préjudices subits :
"Nous voulons obtenir de toute urgence, la
rétrocession du patrimoine acquis par l'EPALA, afin
de pouvoir faire revivre le Bourg déserté, en
cédant même à bas prix les habitations
à restaurer, à tous ceux qui voudront venir
dans notre belle vallée. Nous voudrions aussi que
l'EPALA verse à la commune une indemnité de 10
millions de francs, qui serviraient à détruire
les ruines, réhabiliter les maisons, aménager
le centre-bourg, et réouvrir le restaurant. C'est
crucial pour Chambonchard".
Une chose
est sure, les anciens habitants partis s'installer ailleurs
ne reviendront plus...

Cliquez
sur la photo pour visiter
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La seule
construction qui fut réalisée, est ce
chalet en bois, pour exposer les maquettes du
barrage..."On" y croyait...
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La note
positive : La municipalité fait
restaurer la toiture de l'église, la vie
reprendra à Chambonchard !
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Visite de
Chambonchard en images
Cliquez sur la photo.
Icilacreuse.com -
Novembre 2001
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Décembre
2005
En novembre 2001, j'avais réalisé un
reportage avec le maire de la commune. (
Voir ci-dessus)
En
décembre 2005, on reparle de Chambonchard
dans les médias ( La Montagne - Jeudi 8
décembre 2005), FR3 etc ...
Il
semblerait que la saga vieille de plus de 40 ans
trouve prochainement une issue
favorable.
La
rétrocession des terres par l'EPL (
anciennement EPALA - Établissement Publique
d'Aménagement de la Loire et de ses
Affluents) au Conseil Général de la
Creuse, va peut être permettre de redonner
vie au village dévasté.
Cet
énorme gâchis, évoluant en
fonction des nombreux ministres qui se sont
succédés, aura coûté la
bagatelle de 21 millions d'euros
!
Il faut
souligner qu'aucune rétrocession n'a pas
encore été engagée du
côté du département de
l'Allier.
Décembre
2005 - A.C pour Icilacreuse.com
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18
février 2008
La
vallée va revivre. Les terrains de la
Vallée de la Creuse ont été
officiellement rétrocédés aux
collectivités locales, pour l'euro
symbolique.
Le Conseil
général fait de l'aménagement
de la vallée de Chambonchard, le
deuxième site emblématique
(après l'étang des Landes) de sa
politique patrimoniale.
Le village
renait, déjà l'auberge a
été restaurée et tourne
à plein régime.
Lire le
reportage complet dans "La MONTAGNE " du 19
février 2008
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