CHAMBONCHARD,
le
village fantôme... et "son" barrage
Novembre
2001
Avril
2002
Décembre
2005
Février
2008
Septembre
2008

L'AUBERGE
DE LA VALLEE Novembre
2001 Septembre
2008 L'unique cabine
téléphonique du village, penchée en
2001, toujours penchée en 2008 ! Elle se situe en face
de l'auberge, et l'on dit que lorsqu'on la voit verticale,
il vaut mieux s'abstenir de conduire. -:))
Ghislaine et Rachid ont découvert Chambonchard
grâce à "icilacreuse.com" qui les a mis en
rapport avec les bons contacts. Originaires du midi de la
France, ce fut pour eux le coup de foudre. Ils ne sont pas
repartis. Après des mois de travail et de passion,
ils ont réouvert la charmante petite
auberge.
auberge-chambonchard@orange.fr
une petite commune
creusoise anéantie par un projet de barrage qui ne se
fera jamais... Triste feuilleton
qui s'est achevé officiellement le 18 février
2008 L'histoire
.... 1963 : le
projet est lancé, "on" étudie pendant une
vingtaine d'années, pour une retenue d'eau de 200
millions de m3. 1969 - 1970 :
EDF reprend les études. 1979 : Le
gouvernement appuie le rapport de l'ingénieur
général CHAPON au sujet de la
nécessité de protection et
d'aménagements intégrés du bassin de la
Loire. 1980 :
L'association nationale de réflexion pour
l'aménagement du bassin de la Loire,
présidée par Jean ROYER, donne priorité
au barrage de Chambonchard. 1982 : Le
nouveau gouvernement de gauche prépare une structure
chargée de l'aménagement global de la
Loire. 1984 :
L'Auvergne et l'Allier adhèrent à l'EPALA (
Établissement Publique d'Aménagement de la
Loire et de ses Affluents) 1986 : Des
études ramènent le volume à 120
millions de m3. Les travaux commenceraient en
1988, et la mise en eau aurait lieu en 1992. Huguette
BOUCHARDEAU, ministre de l'environnement signe un protocole
d'accord avec l'EPALA, pour la construction de quatre
barrages, dont celui de Chambonchard. Le comité de
sauvegarde de la vallée de Chambonchard se
créé. Le barrage aura pour
fonctions : Réguler le débit de la Loire,
irriguer la vallée du Cher, et alimenter en eau la
ville de Montluçon. C'est à
cette période que "l'on" suggère à la
population de vendre les maisons et terrains à
l'amiable à l'EPALA, puisque maintenant "c'est sur",
le barrage va se faire. 1986 à
1993 : Les ventes ont lieu. 18 maisons et
dépendances, 65 ha de bois, et 80 ha de terre
agricole (sur la commune de Chambonchard et dans le hameau
de Valette) 1989 :
Stagnation... Le ministre "écologiste" Brice LALONDE
veut revoir le projet. 1990 : Brice
LALONDE, opposé au projet du Comité pour la
Promotion, la Réalisation et l'Aménagement de
Chambonchard (COPREA), propose de surélever le
barrage de Rochebut pour stocker plus d'eau. Ce grand homme
avait juste oublié que cette solution
anéantissait la totalité du village de
Chambonchard, mais aussi Chambon sur Voueize ! 1991 : Abandon
officiel du projet. Le gouvernement lance l'étude de
reconstruction de Rochebut. Mais cette idée, pourtant
lancée par un écologiste rencontre
l'oppositions des riverains et des écologistes (...).
Ce projet implique l'immersion d'anciennes mines d'or
contenant de nombreux déchets toxiques. 1992 : En
août, Ségolène ROYAL, ministre de
l'environnement confirme Rochebut, mais en octobre, Pierre
BEREGOVOY, premier ministre, rouvre le dossier du barrage de
Chambonchard... 1993 :
Reconnaissance par les députés de la
nécesscité d'aménager le Cher.
Cependant, L'EPALA n'achète plus, car le doute
s'installe, le projet aurait-il du plomb dans l'aile
? 4 Janvier 1994
: Le savoyard Michel BARNIER, ministre de l'environnement,
relance le projet baptisé "Le plan Loire grandeur
nature", et propose un barrage ramené
à...50 millions de m3 ! Juin 1996 :
L'État, par l'intermédiaire des
préfets, lance l'enquête publique auprès
de 117 communes riveraines du Cher, situées en aval
de Chambonchard. Le résultat est favorable au
projet. 12 décembre
1996 : Les préfets de l'Allier et de la Creuse
signent conjointement l'arrêté de DUP
(Déclaration d'Utilité Publique), pour 5 ans.
(DUPE ?) 1997 : Enfin,
ça y est, les travaux vont commencer, c'est officiel
! déclare le COPREA. Le financement pour
un coût total de 600 millions de francs :
État (EPALA) 340 millions, Agence de l'eau 190
millions, État (ministère de l'environnement)
70 millions. Alain JUPPE, premier
ministre prévoit de débloquer les fonds dans
le courant de l'été. 2 juillet 1998
: Dominique VOYNET vient "se rendre compte" sur
place. 23 juillet 1999
: C'est l'annonce officielle faite au CIAT ( Comité
Interministériel de l'Aménagement de
Territoire), réuni à Arles, le gouvernement se
retire du projet, et supprime sa participation au
financement. Ensuite, des
décisions arrivent en cascade : L'agence de l'eau se
retire ainsi que l'EPALA qui ne peut financer
seul. L'après
barrage... Malgré le
retrait des financeurs, l'arrêté de DUP courre
toujours jusqu'au 12 décembre 2002, "le barrage se
fera", en effet, cela peut se faire, mais sans argent
! Gérard
ROUFFET, et sa municipalité se battent maintenant
pour obtenir réparation pour le préjudice
subit par le village depuis près de 40
ans.

Les habitants de Chambonchard, placés dans la logique
de barrage, depuis 1963, ne faisaient plus alors que des
petits travaux d'entretien, au détriment de
l'état des habitations. Pour mieux faire passer "la
pilule", "on" parlait même de démonter
l'église du XIème siècle
(classée) pierre par pierre, pour la remonter plus
haut dans le village.

Les élus locaux contestent, et obtiennent "à
l'arracher", 83 millions de m3, pour le
tourisme.
Les études sont "ficelées", l'enquête
publique est programmée. A ce moment, des
contre-études, menées par des mouvements
écologistes retardent le démarrage de
l'enquête.
1995
: L'EPALA accepte un ouvrage de 80 millions de
m3, et annonce le début des travaux pour
fin 1995.
Mais... Jacques CHIRAC, dissout l'Assemblée
Nationale, une nouvelle majorité de gauche revient
aux affaires, avec Dominique VOYNET comme ministre de
l'environnement. Nouvelle ministre, elle tient à
consulter le dossier, deux années s'écoulent
(comme l'eau du Cher). En novembre, elle annonce au
Parlement que le gouvernement fera connaître dans les
semaines à venir le résultat de l'expertise
(encore une...) sur l'intérêt ou non de
construire le barrage.
D'abord une remarque : Pendant toutes ces années,
plusieurs cabinets d'expertises ont fourni des études
parfois contradictoires, voire même antagonistes, pour
un projet identique, en fonction des commanditaires, en
l'occurrence, les différents
gouvernements.
Il parle avec
amertume de cet immense gâchis : La
réparation des préjudices subits : "Nous
voulons obtenir de toute urgence, la rétrocession du
patrimoine acquis par l'EPALA, afin de pouvoir faire revivre
le Bourg déserté, en cédant même
à bas prix les habitations à restaurer,
à tous ceux qui voudront venir dans notre belle
vallée. Nous voudrions aussi que l'EPALA verse
à la commune une indemnité de 10 millions de
francs, qui serviraient à détruire les ruines,
réhabiliter les maisons, aménager le
centre-bourg, et réouvrir le restaurant. C'est
crucial pour Chambonchard".
Novembre 2001
- Un
reportage réalisé par A. Coldre pour
"icilacreuse.com"
"Vendredi
2 novembre 2001, je rencontre le maire Gérard
ROUFFET, qui nous raconte la triste aventure d'un projet
qui a ruiné sa commune."
Le barrage ? "On" en parle depuis 1860, puis en 1910
après les inondations de Paris...
Maisons en ruines, destruction irréversible de la
cohésion de la commune, village fantôme,
préjudice
humain et affectif, perte d'habitants ( voir les
statistiques en bas de page), perte de commerce
(restaurant).
Pour la commune, les
conséquences sont graves au plan financier : Plus
de taxe d'habitation, perte de dotations de l'État
qui se font au nombre d'habitants...
Les médias
reparlent de Chambonchard, certains font du sensationnel. En
fait, l'EPALA, toujours propriétaire des maisons,
entoure de barrières les bâtiments qui menacent
de s'écrouler. Les rares habitants qui sont
restés dans leur maison, se sont fait entendre afin
de ne pas être clos comme des moutons.
Le maire, considérant la période trouble
vécue en France, ne voit pas la situation
évoluer avant longtemps.
La vallée va
revivre. Les terrains de la Vallée de la Creuse ont
été officiellement
rétrocédés aux collectivités
locales, pour l'euro symbolique. Le Conseil
général fait de l'aménagement de la
vallée de Chambonchard, le deuxième site
emblématique (après l'étang des Landes)
de sa politique patrimoniale. Le village renait,
déjà l'auberge a été
restaurée et tourne à plein
régime. Lire le reportage
complet dans "La MONTAGNE " du 18 février
2008
La vie reprend
à Chambonchard, l'auberge est restaurée et
connait un gros succès, les maisons se restaurent.
L'Eglise qui devait être démontée est
toujours à sa place. Lorsque l'on compare avec les
photos de 2001
on s'apperçoit qu'il y a eu beaucoup de
dégâts, des bâtiments trop
délabrés ont été
rasés. Dimanche 28
septembre, des voitures en balade de l'Amicale
Creusoise de véhicules
d'Epoque
ont fait une halte pour visiter.
Voir
les photos
La Montagne
: Le Monde :
11/08/1998 "La construction de dernier grand barrage du
bassin de la Loire est contestée" Le Journal du
dimanche : 19/08/2001 " Le village fantôme veut
retrouver son âme" La Creuse agricole
et rurale : 28/08/1998 "Barrage de Chambonchard,
bientôt une réponse ? - Gérard Rouffet,
le Maire, c'est une situation d'urgence !" France Bleu Creuse
: Nombreuses émissions et reportages.
23/02/1999 "Le maire n'y croit plus, et demande une
indemnité de 10 MF"
24/07/1999 "Barrage de Chambonchard - L'état tranche
pour l'abandon - L'histoire fleuve d'un barrage"
26/07/2001 "Chambonchard - le village fantôme veut
renaître"
28/09/2001 "Chambonchard, symbole d'un canton malade"
08/12/2005 "Chambonchard sauvé des eaux ? "
18/02/2008 "Après 10 ans de gel, la vallée va
revivre"
Les habitants de
Chambonchard s'appellent les Chambonchérois Année 1851 1901 1946 1990
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