Les Houillères d'Ahun
Deux siècles d'histoire
Bien
qu'aujourd'hui abandonnées, les mines de charbon
d'Ahun continuent de vivre dans le paysage et la conscience
des Creusois. Durant deux siècles, elles ont fait
partie de la vie difficile de centaines d'ouvrières
et d'ouvriers. La première
découverte du charbon par un cultivateur dans le
bassin d'Ahun, remonte aux années 1770. La
première concession fut accordée
en.1779. Le Bassin Houiller
d'Ahun Ses
caractéristiques physiques sont défavorables,
difficilement surmontables, malgré le
bénéfice de sa situation dans le Massif
Central. I
- Situation Géographique et
économique Le Bassin est
situé à l'ouest du Massif Central. Ce dernier
fut depuis le début, et longtemps, le coeur
charbonnier de la France. En 1875, le
Centre-Midi représente 62% (10,5 millions de tonnes)
de la production totale Française. Le bassin d'Ahun ne
représentait , au plus fort de son activité,
avec 354000 tonnes, soit 3,3% de la production du Massif
Central. Seuls les villages situés sur les bassins
ont connu une certaine expansion. Lavaveix-Les-Mines,
créée de toute pièce autour de
l'activité minière, a compté
jusqu'à 4100 habitants. L'exploitation du
charbon a contribué à l'installation du chemin
de fer, et de petites industries ( Briqueterie,
verrerie). II
- Caractères physiques du bassin Le bassin d'Ahun est
d'âge Stéphanien ( avant dernière
période de l'ère primaire). On y trouve des
charbons à courte flamme (18 à 26% de
matières volatiles). Les gros défauts sont la
faible épaisseur et la discontinuité des
couches. On distingue 3
étages : - inférieur :
conglomérat de 80 à 100
mètres - moyen : les couches
de houille dont l'épaisseur varie de 300 à 350
mètres d'épaisseur. - supérieur :
constitué d'un conglomérat de 50
mètres. III - Des
exploitations moyennes et
éphémères Le charbon est connu
depuis fort longtemps. Les Chinois, les Grecs l'ont
utilisé dès la plus Haute Antiquité. En
France, on retrouve des traces d'exploitation en 1250
à Carmaux
(Tarn). Dans les archives de
la Société des Sciences Naturelles et
Archéologiques de la Creuse, on découvre le
plus ancien document concernant l'exploitation d'Ahun. Il
s'agit d'une analyse faite par J. DUTHEIL, du contrat
passé en 1657 entre les religieux du prieuré
des Termes et les maîtres-tuiliers de Chambonchard
pour l'exploitation de la tuilerie du monastère. Les
religieux sont tenus de fournir le bois et tout le "charbon
de terre" pour faire les tuiles. C'est donc à
Ahun, au XVIIè siècle que
l'exploitation aurait débuté, mais l'on
retrouve des traces de fouilles datant de 1400. Le premier arrêt
concerne les mines de Chantaud ( hameau au-dessus de
Lavaveix) au Nord, il date de 1777. L'autorisation
d'exploiter est de 15 ans. La seconde concession
sur Ahun fut accordée en 1786 aux environs de
Fourneaux, au Sud du Bassin. Avant d'être
exploité d'un seul tenant en 1808, le Bassin d'Ahun
fera l'objet de multiples petites concessions. A la fin du
XVIIè siècle, l'utilisation du
charbon se limite à quelques usages : forges, fours
à chaux, et chauffage. Au
XVIIIè siècle c'est la
révolution industrielle : Deux inventions vont jouer
un rôle important, la machine à vapeur et la
fonte de coke. L'intérêt porté au
charbon des bassins creusois, est très
important. La première
machine à vapeur, réalisée en France,
fut mise au point par Watt. Ces machines permettent de
relancer l'industrie minière. La première
concession de Chantaud, vit l'ouverture d'une multitude de
petits puits peu profonds ( 8 à 10 mètres).
L'extraction du charbon, et l'épuisement des galeries
se faisait à dos d'homme, ou avec un balancier muni
d'un seau. Ces faibles moyens ne permettaient que
d'exploiter les affleurements. D'autres exploitations
suivirent : Au sud vers Fourneaux, puis au centre vers la
Couchezotte. En 1808, une
instruction ministérielle réglemente
l'exploitation des mines. C'est ainsi que seules deux
concessions sont accordées ( Celle du sud et celle du
Nord), à deux sociétés. L'acte est
enregistré le 28 mai 1808. Au début du
XIXè siècle, on cherche à
augmenter la rentabilité, et une nouvelle loi
institue le régime des concessions en dissociant la
propriété du sol de celle du sous
sol. Le cahier des charges
témoigne des changements : Pour la concession
nord, les mines de Vaveix ( emplacement de l'actuelle
Lavaveix-Les-Mines) et le Pont Evrard devront comporter une
galerie d'écoulement. C'est une
nécessité. Dès le
XVIè siècle, les mineurs de Hongrie
avaient creusé des galeries d'allongement
destinées à l'écoulement des eaux et au
transport du minerai. En creusant de telles galeries
à la base de l'étage à exploiter, ils
pratiquaient la méthode d'exploitation dite par
gradins renversés. Les mêmes
directives furent données pour tous les centres qui
s'ouvrirent au Sud. Les galeries d'écoulement de la
Vaveix et de la Couchezotte étaient alors
percées. Très vite, avec
quinze petits puits, les sociétés avaient
livré à la consommation environ 800 tonnes de
charbon. On parlait enfin de production en centaines de
tonnes. Les puits ont
d'ordinaire un mètre à un mètre
cinquante de côté. Pour extraire les eaux et la
houille, on utilise les treuils à
manivelle. L'arrivée de
capitaux permet le regroupement de GOUMY d'Aubusson,
GIRARDIN de Paris sur la concession Sud, et permet de
modifier les méthodes d'extraction, telles que
l'usage des voies ferrées pour le transport
intérieur de la houille. De même, c'est
GOUMY qui le premier utilise les fusées de
sûreté dans le tirage de la poudre qui servait
à détacher les morceaux de houille. Dans le rapport de
l'ingénieur P.DE CESSAC, on trouve les signes
d'une exploitation qui se modernise : A Fourneaux, lorsqu'un
puits est foncé, on ouvre une galerie de part et
d'autre, qui sert au transport de la houille. Des galeries
perpendiculaires sont ensuite creusées sur la pandage
de la couche à 20 mètres de distance les unes
des autres. Dans le même temps, une machine à
molette recouverte d'un hangar, est établie sur la
grande couche de Vaveix. L'extraction des eaux et de la
houilles s'effectue par le même puits à machine
et un seul cheval suffit à ce double travail. Un
corps de bâtiments est construit, il renferme les
écuries, la forge, les bureaux et magasin. Un
événement important, l'introduction de la
première machine à vapeur du
département. Installée au puits
"Saint-Martial", elle développait une puissance de 8
chevaux. Seulement 15 machines à vapeur
étaient alors construites en France. La
deuxième fut installée au puits
"Saint-Médard". Entre 1840 et 1850,
l'essentiel de la production se situe à Fourneaux
dans la concession Sud. La houille y est bitumeuse, et
fournit un coke de bonne qualité, contrairement
à celle de Chantaud au Nord qui est sèche et
non collante, recherchée par les seuls
maréchaux. En 1861,
l'ingénieur VIEILLARD considère la houille du
sud comme la meilleure du bassin d'Ahun. Grasse elle
convient à la fabrication du coke, du gaz, et aux
chaudières des tapisseries d'Aubusson et de
Felletin. Aux environs de
Fourneaux, 8 puits sont ouverts : les puits de Furgaud,
Saint Jacques, Odile (21 m), Fourneaux (41 m), Saint
Médard (60 m), Saint Charles (32 m), Octave (126 m)
et Saint Augustin qui atteindra 117 mètres. Au moment
du forage de ce dernier, de nombreux puits ferment. Il reste
alors en activité, le puits Saint Augustin et le
puits Sainte Marie sur la concession Sud. A Courbarioux,
l'activité dure jusqu'en 1850. De nombreux abandons
sont dus à la découverte de charbon
maigre. C'est au total six
puits sur les dix ouverts, qui seront équipés
d'une machine à vapeur. Le
développement se poursuit : Le charbon est
acheminé par des plans inclinés jusqu'à
la voie de fond. Les bennes d'une contenance de 300 kg,
directement chargées aux chantiers, sont
amenées au jour à l'aide de cages
guidées. A l'extérieur,
le travail s'organise : Un quai de chargement de 100
mètres de long sur 30 mètres de large,
facilite le triage et l'entassement du charbon. L'ingénieur
CARNOT souligne l'importance des houillères d'Ahun au
niveau national. Des industries
étrangères s'installent autour de la mine
surtout à Lavaveix (deux verreries, des fours
à chaux, une briqueterie). En 1868, une machine
à vapeur est construite sur place, ainsi qu'une
forge. C'est aussi l'année, le 29 avril, de la
création de la commune de Lavaveix-les-Mines,
auparavant lieu-dit "La Vaveix". Au début de
l'exploitation, La Vaveix ne comptait qu'une seule petite
maison, mais sitôt les travaux ouverts, il fallut
construire des logements pour héberger les ouvriers
qui arrivaient de toutes parts. Le puits "Robert"
devient alors un modèle de bonne
installation. En 1870, les
houillères comptent 28 fours à coke. Trois ans
plus tard, 60 sont construits, ainsi que 2 lavoirs de
charbon, des laboratoires et des logements. En 1874, la production
atteint son maximum avec 354000 tonnes. Peu après le
puits "Morny" bénéficie d'un système de
ventilation. A cette époque
on dénombre 32 chaudières sur les 159 du
département. Celles-ci servent soit à
l'exploitation de combustibles minéraux, soit pour la
serrurerie, le battage des grains, les minoteries, les
fabriques de tapis, les imprimeries et les
scieries. 1905 voit le
développement de l'électricité, qui
supplantera la vapeur. Le barrage
de Chantegrelle
est construit. Il alimente une centrale électrique
qui fait tourner les pompes et diverses installations dans
les puits. Le déclin de l'exploitation est
déjà très amorcé,
l'électricité comptera peu. De 1911 à 1923,
cinq à six puits resteront en activité :
Central, Est, Saint Edouard, Fourneaux, Sainte Barbe,
presque tous situés sur la concession
Nord. Le charbon se vend de
plus en plus mal à cause de sa qualité
médiocre ( 30% de cendres). le déclin
s'accentue encore lorsque la S.N.C.F. refuse les briquettes
de Lavaveix pour ses locomotives. Par la suite le puits
"Quatre" de Courbarioux deviendra l'unique centre en
activité de Ahun Sud, jusqu'en 1960, année de
sa fermeture. Au total, environ 12
millions de tonnes de houilles ont été
extraites. III
- Une main d'oeuvre locale
surexploitée Faute de
bénéficier de conditions naturelles
favorables, l'exploitation des bassins creusois ne pouvait
être viable qu'en utilisant une main d'oeuvre bon
marché. Creuse 65,8%, Allier
11.4%, le reste vient de Corrèze, Puy-de-Dôme,
Mayenne, Finistère. Contrairement aux autres bassins
en France, dont certains emploient des Polonais et Italiens,
la main d'oeuvre en Creuse est essentiellement locale.
Quatre ans après sa création, Lavaveix atteint
son maximum démographique avec 4 108
habitants. A la fermeture en 1922
des mines de Bosmoreau, autre bassin creusois, de nombreux
mineurs se replient sur Lavaveix dont un groupe de 15
polonais, qui s'y fixent de 1924 à 1927. Les salaires sont
inférieurs à la moyenne nationale. Ils suivent
l'activité de la mine, et déclinent avec
elle. De 2 francs par jour
en 1849, ils passent à 3,35 francs au 1er
février 1870. Ensuite, ils vont en diminuant, ce qui
provoque les premières tentatives de
grève. A
partir du 22 février 1877, les ouvriers ne
travaillent plus que 5 jours au lieu de 6. Trois mois plus
tard, les prix de vente n'étant pas relevés,
la Compagnie demande aux ouvriers de travailler 6 jours, et
d'accepter en plus, des réductions de salaire de 10%,
Cela déclenche
une grève générale de 750 mineurs de
fond, qui durera du 5 au 11 juin. Malgré cela, les
salaires ne sont pas relevés. En 1872, les mineurs
creusois touchent 30 centimes de moins que la moyenne des
mineurs français. En 1900, les salaires sont toujours
les mêmes, mais différentes grilles de salaires
sont mise en place : les piqueurs et les boiseurs
perçoivent 4,40 francs, les manoeuvres 2,75 francs,
et les femmes 1,90 francs.......................... En 1906, deux raisons
sont à l'origine d'une grève : Les
grévistes revendiquent la journée de 8 heures
pour les piqueurs et les boiseurs, et une augmentation de
salaire pour tous. Vers 1926, on trouve
encore des ouvriers , les "doublants", qui font le double
des horaires. La grande crise
économique frappe durement , les salaires subissent
une nouvelle baisse de 12%. Une grève dure
s'installe. Elle est réprimée violemment par
la garde à cheval de Limoges. Un très grand
nombre d'ouvriers sont licenciés. Certains partent
vers Crocq dans la fourrure, Guéret ou Paris pour
entrer dans la police, d'autres à la
R.A.T.P. La direction de la
mine diminue les salaires, et ne respecte pas la
durée du travail. Une lettre de chômeurs fait
état de semaines de travail de 70 heures.
Obligés d'être présents 12 heures par
jours, ils sont payés 8 heures. En novembre 1936, le
projet horaire du directeur n'est toujours pas conforme aux
nouvelles dispositions de la loi qui réduit à
7h45 la journée de travail pour les mineurs de
fond. Entre le 1er avril et
la mi-septembre 1956, deux catégories d'ouvriers de
jour et deux au fond ne touchent pas le S.M.I.G. A la fin 1927, il ne
reste plus que 500 ouvriers aux houillères d'Ahun.
C'est très peu comparé aux 2000 mineurs de
1876. Il faut distinguer les
travailleurs du fond et ceux de surface Chargés de
l'abattage et de l'extraction, ils représentent les
2/3 des employés qui se répartissent en quatre
groupes : Ils sont responsables
du maintien du toit de tous les axes de circulation. (1/4
des ouvriers du fond) Ils chargent le
charbon abattu et le convoient vers la surface (11% des
ouvriers du fond) Les "pompiers"
affectés au pompage de l'eau des galeries, les
palefreniers qui mènent les chevaux attelés
aux bennes, vers la "recette" (lieu d'arrivée des
bennes), et les encageurs qui prennent en chargent la
remontée du charbon par les cages du puits
principal. L'agglomération
en boulets ou briquettes emploie 24 personnes à
l'usine, la briqueterie une dizaine. Beaucoup de femmes
trient le charbon. Elles sont appelées les
"modistes", car elles portent un grand chapeau qu'elles
confectionnent souvent elles-mêmes. (photo
ci-contre) L'accès aux
puits peu profonds se fait en pente douce par des
descenderies, comme au puits "Robert". Au-delà de 45
degrés, on facilite la remontée par des
échelles, des paliers sont disposés tous les
7-10 mètres. Pour grande profondeurs, les mineurs
sont descendus mécaniquement dans les cages
d'extraction, ou dans des grandes bennes
(cuffats). Les licenciements
frappent durement, surtout en période de
mévente. Dès 1877, les premiers signes
apparaissent avec des jours chômés. Ce fut
beaucoup plus grave lors de la crise de 1927. L'incendie de
l'atelier d'agglomérés, s'ajoute aux
problèmes économiques. Les mineurs accusent la
direction d'avoir mis le feu pour motiver les licenciements.
Le bilan est lourd. Sur 450 salariés, seuls 180
conservent leur emploi. Tous les puits forés à
Lavaveix sont fermés. En 1950, on
réduit encore les effectifs qui ne dépasseront
plus 150 à Lavaveix. Tout
s'accélère : En 1954, 1/3 du personnel est
licencié. En 1957, à cause d'inondations,
l'exploitation d'Ahun Nord est momentanément
arrêtée, 20 personnes sont mises au
chômage. En 1960, Ahun Sud ferme
définitivement, 43 personnes sont licenciés.
Les derniers le seront en 1961. Ahun Nord survit
jusqu'en 1969, après une succession de licenciements.
Les derniers sont licenciés le 28 février
1969, seuls 4 ouvriers restent pour remblayer. L'industrie
française licencia 2/3 de son personnel entre 1959 et
1969, les houillères d'Ahun suivaient le
mouvement. C'est entre 1884 et
1913 que l'on enregistre le plus grand nombre d'accidents.
En moyenne 10 à 20 accidents coûtaient la vie
à une ou deux personnes. Les rapports des
ingénieurs faisaient en général
référence au manque d'attention des
mineurs. Jusqu'en 1914, les
travaux de boisage ne sont pas payés, ce qui explique
le peu de temps passé par les mineurs, qui
choisissent de négliger la sécurité au
profit d'un gain plus élevé. La température
de 25 à 35 degrés, s'ajoutait au risque
permanent de chutes de pierres. Par la suite, le temps
de boisage est payé, et la législation en
matière de sécurité devient plus
draconienne. Paradoxalement, les accidents mortels furent en
augmentation. Des maux plus
pernicieux tels que la silicose et les rhumatismes frappent
les mineurs. Au plan national, les
accidents décroissent à partir de 1950, pour
se maintenir entre 1950 et 1968 à 156 tués.
Cette diminution est à mettre en parallèle
avec le nombre de mineurs qui est en
régression. Le paysage d'Ahun est
marqué par la présence de maisons en briques.
Les Houillères en loue encore, les autres ont
été vendues. Les plus
caractéristiques sont les "casernes". Construites
entre 1865 et 1874, leurs principaux matériaux sont
la brique, et les Le faubourg Saint
Jacques (le coron), non loin des casernes, possède un
alignement d'une vingtaine de petites maisons en briques,
toutes semblables. Leur plan intérieur est identique
à celui des "casernes". Conclusion
:
Travaillant dans des conditions très difficiles,
aggravées par la petitesse des exploitations, les
mineurs ont constitué une classe ouvrière
combative, organisée et très
solidaire. Documentation
: Les
Houillères d'Ahun Réalisation
& crédits photographiques :
Alain
Coldre
23/03/99 Merci pour
leur importante collaboration, à Mlle
Madeleine DUMONT et à Raymond
CARTON. Archéologie,
ouvrages a consulter aux archives de la
Société des Sciences Naturelles et
Archéologiques de la Creuse :
A -
Origine du charbon
B -
Étude du bassin
Il
se devine dans le paysage, il correspond à une
dépression de 14 kilomètres de long sur 1
à 2 de large. Sa forme est celle d'un poisson, la
queue à Fourneaux, la tête à
Lavaveix.A
- Les débuts de l'exploitation
1 -
Premiers écrits témoignant de la
présence du charbon
2
- Premières concessions
3
- Contexte économique
B -
Exploitation et tentatives d'exploitation du bassin
d'Ahun ( Lavaveix-Les-Mines)
1
- Modes archaïques d'exploitation jusqu'en
1800
2
- L'exploitation régulière se situe
entre 1800 et 1840
De
part la loi, les concessionnaires doivent substituer les
treuils à bascules afin que les puits descendent
à 30 mètres de profondeur.3
- 1840 à 1870 : Forçage de puits et
utilisation de techniques nouvelles ( le rail et la
machine à vapeur)
L'arrivée
de l'ingénieur GRUNEF contribue à
l'amélioration de ces nouvelles techniques de travail
: La houille menue est désormais lavée. Par ce
procédé peu coûteux, le charbon est
purgé des petits fragments de schiste et il est plus
propre à la forge et à la fabrication du gaz
et du coke.
Les
deux concessions fusionnent en 1863, donnant la
"Société anonyme des Houillères
d'Ahun". Celle-ci ne conserve que deux puits au Sud, afin de
concentrer tous ses efforts au Nord. Le puits "Sainte Barbe"
devient alors le plus gros centre d'exploitation, il est
équipé d'une machine de 50 chevaux.4
- 1865 - 1870 : Essor de l'exploitation avec le
développement du réseau
ferré
Grâce
au chemin de fer et à la mise en circulation en 1864
de la ligne
Montluçon-Limoges, la production passe de 22000
tonnes en 1864 à 160000 tonnes en 1867.5
- 1870 - 1969 : Le développement s'essouffle
rapidement.
Ensuite
la production régresse, une seule couche à
Ahun Sud est exploitée, au puits Bourlat. Au Nord,
seuls 5 puits continuent : Sainte Barbe (le plus productif),
Saint Antoine, Robert. Le puits Saint Edouard sert à
l'épuisement de l'eau et Morny à
l'aérage des travaux souterrains.A
- Origine essentiellement creusoise des
mineurs
B
- Les bas salaires et la durée de la
journée travail sont des facteurs de
grèves.
1-
Jusqu'en 1877
2
- Après 1877
pour
ceux qui gagnent moins de 4 francs par jour, et de 15% pour
les autres.3
- La crise de 1927
4
- L'après-guerre et la non application du
S.M.I.G. fixé le 23 août 1950
C
- Des conditions de travail et de vie
difficiles
1
- Différentes catégories de
personnel
a
) - Les travailleurs du fond
Les
piqueurs
Ils
représentent 59% des ouvriers du fond. Il font partie
de la plus haute hiérarchie. Ils supervisent et
contrôlent le travail sous les ordres des
ingénieurs.Les
boiseurs
Les
chargeurs, rouleurs et manoeuvres
Les
autres catégories (6% des ouvriers du
fond)
b
) - Les travailleurs de surface
Leur
nombre est très élevé, à cause
de la mauvaise qualité du charbon, qui
nécessite un triage et un lavage sérieux, pour
répondre à l'exigence des clients.
3
- Les licenciements sont fréquents
4
- Mauvaise sécurité pour les
travailleurs du fond
La
plupart des accidents mortels ou graves concernent les
boiseurs et les piqueurs, victimes d'éboulements du
toit.5
- Les logements miniers sont peu
confortables
traverses
de chemin de fer en guise de poutres. Munies d'un
étage, elles étaient au nombre de cinq, et
hébergeaient huit familles chacune. Les trois
pièces formaient une superficie de 44 m², pour
loger un minimum de six personnes. L'eau n'y fut
installée
qu'en 1960 ! Des petits jardins leur étaient
attenants. Deux, habitées, sont demeurées
intactes. La cause de la disparition de nombreuses maisons,
provient du sous-sol truffé de galeries, elles se
lézardent, s'effondrent et sont rasées. Il
semble que le phénomène soit maintenant
stabilisé, mais l'on peut être surpris en
parcourant le bourg, par des perspectives d'alignements de
maisons, pour le moins curieuses.
LAVAVEIX
|.R.
CARTON
|.PUITS
"QUATRE"
|.CHANTEGRELLE
"Étude
des bassins houillers de la Creuse" par L. GRUNER,
ingénieur des mines
Photos
anciennes
: Collections privées de Joscelyne, Raoul
Martin & Michèle
Cottin
Outils
: Collection privée de Christophe Ruby et
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A.BOUTHIER , "L'exploitation et l'utilisation
de la houille en Gaule romaine"
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Limousin"
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Berry"
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Romaine"
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