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Les Houillères d'Ahun

Deux siècles d'histoire

Préambule : - Situations géographique et économique - Caractères physiques du bassin -

Des exploitations éphémères du XVIIè siècle à 1969 : - Début - 1ères concessions - Contexte économique -

Exploitation du Bassin d'Ahun : - Avant 1800, exploitation archaïque - 1800 à 1840, début d'une exploitation régulière - 1840 à 1870, techniques nouvelles - 1865 à 1870, l'essor avec le rail - 1870 - 1969, le développement s'essouffle -

Conditions de travail : - Une main d'oeuvre exploitée - Origine des mineurs - Bas salaires - Durée du travail - Grèves - Crise de 1927 - Conditions de travail pénibles - Catégories de personnels - Descente au fond - Les licenciements - Insécurité au fond - Logements miniers - Conclusion - Documentations et remerciements -

Archéologie : - La houille du bassin d'Ahun à l'époque Gallo-Romaine (bibliographie)

Des outils de mineurs

A visiter également : Le site consacré aux mines de charbon de CARMAUX (Tarn) et celui de la mine de BOSMOREAU LES MINES (23)

2006 : Les derniers vestiges des Houillères d'Ahun sont rasés...

Bien qu'aujourd'hui abandonnées, les mines de charbon d'Ahun continuent de vivre dans le paysage et la conscience des Creusois. Durant deux siècles, elles ont fait partie de la vie difficile de centaines d'ouvrières et d'ouvriers.

La première découverte du charbon par un cultivateur dans le bassin d'Ahun, remonte aux années 1770. La première concession fut accordée en.1779.

Le Bassin Houiller d'Ahun

Ses caractéristiques physiques sont défavorables, difficilement surmontables, malgré le bénéfice de sa situation dans le Massif Central.

I - Situation Géographique et économique

Le Bassin est situé à l'ouest du Massif Central. Ce dernier fut depuis le début, et longtemps, le coeur charbonnier de la France.

En 1875, le Centre-Midi représente 62% (10,5 millions de tonnes) de la production totale Française.

Le bassin d'Ahun ne représentait , au plus fort de son activité, avec 354000 tonnes, soit 3,3% de la production du Massif Central. Seuls les villages situés sur les bassins ont connu une certaine expansion.

Lavaveix-Les-Mines, créée de toute pièce autour de l'activité minière, a compté jusqu'à 4100 habitants.

L'exploitation du charbon a contribué à l'installation du chemin de fer, et de petites industries ( Briqueterie, verrerie).

II - Caractères physiques du bassin

A - Origine du charbon

Le bassin d'Ahun est d'âge Stéphanien ( avant dernière période de l'ère primaire). On y trouve des charbons à courte flamme (18 à 26% de matières volatiles). Les gros défauts sont la faible épaisseur et la discontinuité des couches.

B - Étude du bassin

Il se devine dans le paysage, il correspond à une dépression de 14 kilomètres de long sur 1 à 2 de large. Sa forme est celle d'un poisson, la queue à Fourneaux, la tête à Lavaveix.

On distingue 3 étages :

- inférieur : conglomérat de 80 à 100 mètres

- moyen : les couches de houille dont l'épaisseur varie de 300 à 350 mètres d'épaisseur.

- supérieur : constitué d'un conglomérat de 50 mètres.

III - Des exploitations moyennes et éphémères

A - Les débuts de l'exploitation
1 - Premiers écrits témoignant de la présence du charbon

Le charbon est connu depuis fort longtemps. Les Chinois, les Grecs l'ont utilisé dès la plus Haute Antiquité. En France, on retrouve des traces d'exploitation en 1250 à Carmaux (Tarn).

Dans les archives de la Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse, on découvre le plus ancien document concernant l'exploitation d'Ahun. Il s'agit d'une analyse faite par J. DUTHEIL, du contrat passé en 1657 entre les religieux du prieuré des Termes et les maîtres-tuiliers de Chambonchard pour l'exploitation de la tuilerie du monastère. Les religieux sont tenus de fournir le bois et tout le "charbon de terre" pour faire les tuiles.

C'est donc à Ahun, au XVIIè siècle que l'exploitation aurait débuté, mais l'on retrouve des traces de fouilles datant de 1400.

2 - Premières concessions

Le premier arrêt concerne les mines de Chantaud ( hameau au-dessus de Lavaveix) au Nord, il date de 1777. L'autorisation d'exploiter est de 15 ans.

La seconde concession sur Ahun fut accordée en 1786 aux environs de Fourneaux, au Sud du Bassin.

Avant d'être exploité d'un seul tenant en 1808, le Bassin d'Ahun fera l'objet de multiples petites concessions.

3 - Contexte économique

A la fin du XVIIè siècle, l'utilisation du charbon se limite à quelques usages : forges, fours à chaux, et chauffage.

Au XVIIIè siècle c'est la révolution industrielle : Deux inventions vont jouer un rôle important, la machine à vapeur et la fonte de coke. L'intérêt porté au charbon des bassins creusois, est très important.

La première machine à vapeur, réalisée en France, fut mise au point par Watt. Ces machines permettent de relancer l'industrie minière.

B - Exploitation et tentatives d'exploitation du bassin d'Ahun ( Lavaveix-Les-Mines)
1 - Modes archaïques d'exploitation jusqu'en 1800

La première concession de Chantaud, vit l'ouverture d'une multitude de petits puits peu profonds ( 8 à 10 mètres). L'extraction du charbon, et l'épuisement des galeries se faisait à dos d'homme, ou avec un balancier muni d'un seau. Ces faibles moyens ne permettaient que d'exploiter les affleurements.

D'autres exploitations suivirent : Au sud vers Fourneaux, puis au centre vers la Couchezotte.

2 - L'exploitation régulière se situe entre 1800 et 1840

En 1808, une instruction ministérielle réglemente l'exploitation des mines. C'est ainsi que seules deux concessions sont accordées ( Celle du sud et celle du Nord), à deux sociétés. L'acte est enregistré le 28 mai 1808.

Au début du XIXè siècle, on cherche à augmenter la rentabilité, et une nouvelle loi institue le régime des concessions en dissociant la propriété du sol de celle du sous sol.

Le cahier des charges témoigne des changements :

De part la loi, les concessionnaires doivent substituer les treuils à bascules afin que les puits descendent à 30 mètres de profondeur.

Pour la concession nord, les mines de Vaveix ( emplacement de l'actuelle Lavaveix-Les-Mines) et le Pont Evrard devront comporter une galerie d'écoulement. C'est une nécessité.

Dès le XVIè siècle, les mineurs de Hongrie avaient creusé des galeries d'allongement destinées à l'écoulement des eaux et au transport du minerai. En creusant de telles galeries à la base de l'étage à exploiter, ils pratiquaient la méthode d'exploitation dite par gradins renversés.

Les mêmes directives furent données pour tous les centres qui s'ouvrirent au Sud. Les galeries d'écoulement de la Vaveix et de la Couchezotte étaient alors percées.

Très vite, avec quinze petits puits, les sociétés avaient livré à la consommation environ 800 tonnes de charbon. On parlait enfin de production en centaines de tonnes.

Les puits ont d'ordinaire un mètre à un mètre cinquante de côté. Pour extraire les eaux et la houille, on utilise les treuils à manivelle.

3 - 1840 à 1870 : Forçage de puits et utilisation de techniques nouvelles ( le rail et la machine à vapeur)

L'arrivée de capitaux permet le regroupement de GOUMY d'Aubusson, GIRARDIN de Paris sur la concession Sud, et permet de modifier les méthodes d'extraction, telles que l'usage des voies ferrées pour le transport intérieur de la houille.

De même, c'est GOUMY qui le premier utilise les fusées de sûreté dans le tirage de la poudre qui servait à détacher les morceaux de houille.

Dans le rapport de l'ingénieur P.DE CESSAC, on trouve les signes d'une exploitation qui se modernise : A Fourneaux, lorsqu'un puits est foncé, on ouvre une galerie de part et d'autre, qui sert au transport de la houille.

Des galeries perpendiculaires sont ensuite creusées sur la pandage de la couche à 20 mètres de distance les unes des autres. Dans le même temps, une machine à molette recouverte d'un hangar, est établie sur la grande couche de Vaveix. L'extraction des eaux et de la houilles s'effectue par le même puits à machine et un seul cheval suffit à ce double travail. Un corps de bâtiments est construit, il renferme les écuries, la forge, les bureaux et magasin.

L'arrivée de l'ingénieur GRUNEF contribue à l'amélioration de ces nouvelles techniques de travail : La houille menue est désormais lavée. Par ce procédé peu coûteux, le charbon est purgé des petits fragments de schiste et il est plus propre à la forge et à la fabrication du gaz et du coke.

Un événement important, l'introduction de la première machine à vapeur du département. Installée au puits "Saint-Martial", elle développait une puissance de 8 chevaux. Seulement 15 machines à vapeur étaient alors construites en France. La deuxième fut installée au puits "Saint-Médard".

Entre 1840 et 1850, l'essentiel de la production se situe à Fourneaux dans la concession Sud. La houille y est bitumeuse, et fournit un coke de bonne qualité, contrairement à celle de Chantaud au Nord qui est sèche et non collante, recherchée par les seuls maréchaux.

En 1861, l'ingénieur VIEILLARD considère la houille du sud comme la meilleure du bassin d'Ahun. Grasse elle convient à la fabrication du coke, du gaz, et aux chaudières des tapisseries d'Aubusson et de Felletin.

Aux environs de Fourneaux, 8 puits sont ouverts : les puits de Furgaud, Saint Jacques, Odile (21 m), Fourneaux (41 m), Saint Médard (60 m), Saint Charles (32 m), Octave (126 m) et Saint Augustin qui atteindra 117 mètres. Au moment du forage de ce dernier, de nombreux puits ferment. Il reste alors en activité, le puits Saint Augustin et le puits Sainte Marie sur la concession Sud.

A Courbarioux, l'activité dure jusqu'en 1850. De nombreux abandons sont dus à la découverte de charbon maigre.

Les deux concessions fusionnent en 1863, donnant la "Société anonyme des Houillères d'Ahun". Celle-ci ne conserve que deux puits au Sud, afin de concentrer tous ses efforts au Nord. Le puits "Sainte Barbe" devient alors le plus gros centre d'exploitation, il est équipé d'une machine de 50 chevaux.

C'est au total six puits sur les dix ouverts, qui seront équipés d'une machine à vapeur.

Le développement se poursuit : Le charbon est acheminé par des plans inclinés jusqu'à la voie de fond. Les bennes d'une contenance de 300 kg, directement chargées aux chantiers, sont amenées au jour à l'aide de cages guidées.

A l'extérieur, le travail s'organise : Un quai de chargement de 100 mètres de long sur 30 mètres de large, facilite le triage et l'entassement du charbon.

4 - 1865 - 1870 : Essor de l'exploitation avec le développement du réseau ferré

L'ingénieur CARNOT souligne l'importance des houillères d'Ahun au niveau national.

Grâce au chemin de fer et à la mise en circulation en 1864 de la ligne Montluçon-Limoges, la production passe de 22000 tonnes en 1864 à 160000 tonnes en 1867.

Des industries étrangères s'installent autour de la mine surtout à Lavaveix (deux verreries, des fours à chaux, une briqueterie). En 1868, une machine à vapeur est construite sur place, ainsi qu'une forge. C'est aussi l'année, le 29 avril, de la création de la commune de Lavaveix-les-Mines, auparavant lieu-dit "La Vaveix". Au début de l'exploitation, La Vaveix ne comptait qu'une seule petite maison, mais sitôt les travaux ouverts, il fallut construire des logements pour héberger les ouvriers qui arrivaient de toutes parts.

Le puits "Robert" devient alors un modèle de bonne installation.

5 - 1870 - 1969 : Le développement s'essouffle rapidement.

En 1870, les houillères comptent 28 fours à coke. Trois ans plus tard, 60 sont construits, ainsi que 2 lavoirs de charbon, des laboratoires et des logements.

En 1874, la production atteint son maximum avec 354000 tonnes. Peu après le puits "Morny" bénéficie d'un système de ventilation.

Ensuite la production régresse, une seule couche à Ahun Sud est exploitée, au puits Bourlat. Au Nord, seuls 5 puits continuent : Sainte Barbe (le plus productif), Saint Antoine, Robert. Le puits Saint Edouard sert à l'épuisement de l'eau et Morny à l'aérage des travaux souterrains.

A cette époque on dénombre 32 chaudières sur les 159 du département. Celles-ci servent soit à l'exploitation de combustibles minéraux, soit pour la serrurerie, le battage des grains, les minoteries, les fabriques de tapis, les imprimeries et les scieries.

1905 voit le développement de l'électricité, qui supplantera la vapeur. Le barrage de Chantegrelle est construit. Il alimente une centrale électrique qui fait tourner les pompes et diverses installations dans les puits. Le déclin de l'exploitation est déjà très amorcé, l'électricité comptera peu.

De 1911 à 1923, cinq à six puits resteront en activité : Central, Est, Saint Edouard, Fourneaux, Sainte Barbe, presque tous situés sur la concession Nord.

Le charbon se vend de plus en plus mal à cause de sa qualité médiocre ( 30% de cendres). le déclin s'accentue encore lorsque la S.N.C.F. refuse les briquettes de Lavaveix pour ses locomotives.

Par la suite le puits "Quatre" de Courbarioux deviendra l'unique centre en activité de Ahun Sud, jusqu'en 1960, année de sa fermeture.

Au total, environ 12 millions de tonnes de houilles ont été extraites.

III - Une main d'oeuvre locale surexploitée

Faute de bénéficier de conditions naturelles favorables, l'exploitation des bassins creusois ne pouvait être viable qu'en utilisant une main d'oeuvre bon marché.

A - Origine essentiellement creusoise des mineurs

Creuse 65,8%, Allier 11.4%, le reste vient de Corrèze, Puy-de-Dôme, Mayenne, Finistère. Contrairement aux autres bassins en France, dont certains emploient des Polonais et Italiens, la main d'oeuvre en Creuse est essentiellement locale. Quatre ans après sa création, Lavaveix atteint son maximum démographique avec 4 108 habitants.

A la fermeture en 1922 des mines de Bosmoreau, autre bassin creusois, de nombreux mineurs se replient sur Lavaveix dont un groupe de 15 polonais, qui s'y fixent de 1924 à 1927.

B - Les bas salaires et la durée de la journée travail sont des facteurs de grèves.

Les salaires sont inférieurs à la moyenne nationale. Ils suivent l'activité de la mine, et déclinent avec elle.

1- Jusqu'en 1877

De 2 francs par jour en 1849, ils passent à 3,35 francs au 1er février 1870. Ensuite, ils vont en diminuant, ce qui provoque les premières tentatives de grève.

2 - Après 1877

A partir du 22 février 1877, les ouvriers ne travaillent plus que 5 jours au lieu de 6. Trois mois plus tard, les prix de vente n'étant pas relevés, la Compagnie demande aux ouvriers de travailler 6 jours, et d'accepter en plus, des réductions de salaire de 10%, pour ceux qui gagnent moins de 4 francs par jour, et de 15% pour les autres.

Cela déclenche une grève générale de 750 mineurs de fond, qui durera du 5 au 11 juin. Malgré cela, les salaires ne sont pas relevés.

En 1872, les mineurs creusois touchent 30 centimes de moins que la moyenne des mineurs français. En 1900, les salaires sont toujours les mêmes, mais différentes grilles de salaires sont mise en place : les piqueurs et les boiseurs perçoivent 4,40 francs, les manoeuvres 2,75 francs, et les femmes 1,90 francs..........................

En 1906, deux raisons sont à l'origine d'une grève : Les grévistes revendiquent la journée de 8 heures pour les piqueurs et les boiseurs, et une augmentation de salaire pour tous.

Vers 1926, on trouve encore des ouvriers , les "doublants", qui font le double des horaires.

3 - La crise de 1927

La grande crise économique frappe durement , les salaires subissent une nouvelle baisse de 12%. Une grève dure s'installe. Elle est réprimée violemment par la garde à cheval de Limoges. Un très grand nombre d'ouvriers sont licenciés. Certains partent vers Crocq dans la fourrure, Guéret ou Paris pour entrer dans la police, d'autres à la R.A.T.P.

La direction de la mine diminue les salaires, et ne respecte pas la durée du travail. Une lettre de chômeurs fait état de semaines de travail de 70 heures. Obligés d'être présents 12 heures par jours, ils sont payés 8 heures.

En novembre 1936, le projet horaire du directeur n'est toujours pas conforme aux nouvelles dispositions de la loi qui réduit à 7h45 la journée de travail pour les mineurs de fond.

4 - L'après-guerre et la non application du S.M.I.G. fixé le 23 août 1950

Entre le 1er avril et la mi-septembre 1956, deux catégories d'ouvriers de jour et deux au fond ne touchent pas le S.M.I.G.

C - Des conditions de travail et de vie difficiles
1 - Différentes catégories de personnel

A la fin 1927, il ne reste plus que 500 ouvriers aux houillères d'Ahun. C'est très peu comparé aux 2000 mineurs de 1876.

Il faut distinguer les travailleurs du fond et ceux de surface

a ) - Les travailleurs du fond

Chargés de l'abattage et de l'extraction, ils représentent les 2/3 des employés qui se répartissent en quatre groupes :

Les piqueurs

Ils représentent 59% des ouvriers du fond. Il font partie de la plus haute hiérarchie. Ils supervisent et contrôlent le travail sous les ordres des ingénieurs.

Les boiseurs

Ils sont responsables du maintien du toit de tous les axes de circulation. (1/4 des ouvriers du fond)

Les chargeurs, rouleurs et manoeuvres

Ils chargent le charbon abattu et le convoient vers la surface (11% des ouvriers du fond)

Les autres catégories (6% des ouvriers du fond)

Les "pompiers" affectés au pompage de l'eau des galeries, les palefreniers qui mènent les chevaux attelés aux bennes, vers la "recette" (lieu d'arrivée des bennes), et les encageurs qui prennent en chargent la remontée du charbon par les cages du puits principal.

b ) - Les travailleurs de surface

Leur nombre est très élevé, à cause de la mauvaise qualité du charbon, qui nécessite un triage et un lavage sérieux, pour répondre à l'exigence des clients.

L'agglomération en boulets ou briquettes emploie 24 personnes à l'usine, la briqueterie une dizaine.

Beaucoup de femmes trient le charbon. Elles sont appelées les "modistes", car elles portent un grand chapeau qu'elles confectionnent souvent elles-mêmes. (photo ci-contre)

 

2 - Voies d'accès pour les mineurs de fond

L'accès aux puits peu profonds se fait en pente douce par des descenderies, comme au puits "Robert". Au-delà de 45 degrés, on facilite la remontée par des échelles, des paliers sont disposés tous les 7-10 mètres. Pour grande profondeurs, les mineurs sont descendus mécaniquement dans les cages d'extraction, ou dans des grandes bennes (cuffats).

3 - Les licenciements sont fréquents

Les licenciements frappent durement, surtout en période de mévente. Dès 1877, les premiers signes apparaissent avec des jours chômés. Ce fut beaucoup plus grave lors de la crise de 1927.

L'incendie de l'atelier d'agglomérés, s'ajoute aux problèmes économiques. Les mineurs accusent la direction d'avoir mis le feu pour motiver les licenciements. Le bilan est lourd. Sur 450 salariés, seuls 180 conservent leur emploi. Tous les puits forés à Lavaveix sont fermés.

En 1950, on réduit encore les effectifs qui ne dépasseront plus 150 à Lavaveix.

Tout s'accélère : En 1954, 1/3 du personnel est licencié. En 1957, à cause d'inondations, l'exploitation d'Ahun Nord est momentanément arrêtée, 20 personnes sont mises au chômage. En 1960, Ahun Sud ferme définitivement, 43 personnes sont licenciés. Les derniers le seront en 1961.

Ahun Nord survit jusqu'en 1969, après une succession de licenciements. Les derniers sont licenciés le 28 février 1969, seuls 4 ouvriers restent pour remblayer.

L'industrie française licencia 2/3 de son personnel entre 1959 et 1969, les houillères d'Ahun suivaient le mouvement.

4 - Mauvaise sécurité pour les travailleurs du fond

C'est entre 1884 et 1913 que l'on enregistre le plus grand nombre d'accidents. En moyenne 10 à 20 accidents coûtaient la vie à une ou deux personnes. Les rapports des ingénieurs faisaient en général référence au manque d'attention des mineurs.

La plupart des accidents mortels ou graves concernent les boiseurs et les piqueurs, victimes d'éboulements du toit.

Jusqu'en 1914, les travaux de boisage ne sont pas payés, ce qui explique le peu de temps passé par les mineurs, qui choisissent de négliger la sécurité au profit d'un gain plus élevé.

La température de 25 à 35 degrés, s'ajoutait au risque permanent de chutes de pierres.

Par la suite, le temps de boisage est payé, et la législation en matière de sécurité devient plus draconienne. Paradoxalement, les accidents mortels furent en augmentation.

Des maux plus pernicieux tels que la silicose et les rhumatismes frappent les mineurs.

Au plan national, les accidents décroissent à partir de 1950, pour se maintenir entre 1950 et 1968 à 156 tués. Cette diminution est à mettre en parallèle avec le nombre de mineurs qui est en régression.

5 - Les logements miniers sont peu confortables

Le paysage d'Ahun est marqué par la présence de maisons en briques. Les Houillères en loue encore, les autres ont été vendues.

Les plus caractéristiques sont les "casernes". Construites entre 1865 et 1874, leurs principaux matériaux sont la brique, et les traverses de chemin de fer en guise de poutres. Munies d'un étage, elles étaient au nombre de cinq, et hébergeaient huit familles chacune. Les trois pièces formaient une superficie de 44 m², pour loger un minimum de six personnes. L'eau n'y fut installée qu'en 1960 ! Des petits jardins leur étaient attenants. Deux, habitées, sont demeurées intactes. La cause de la disparition de nombreuses maisons, provient du sous-sol truffé de galeries, elles se lézardent, s'effondrent et sont rasées. Il semble que le phénomène soit maintenant stabilisé, mais l'on peut être surpris en parcourant le bourg, par des perspectives d'alignements de maisons, pour le moins curieuses.

Le faubourg Saint Jacques (le coron), non loin des casernes, possède un alignement d'une vingtaine de petites maisons en briques, toutes semblables. Leur plan intérieur est identique à celui des "casernes".


Conclusion : Travaillant dans des conditions très difficiles, aggravées par la petitesse des exploitations, les mineurs ont constitué une classe ouvrière combative, organisée et très solidaire.


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" La reproduction et l'exploitation totales ou partielles du contenu de cette page, consacrée aux Houillères d'Ahun, sont soumises à une demande d'autorisation auprès de la Direction des Houillères d'Ahun et du webmaster d'IcilaCreuse.com"

Documentation : Les Houillères d'Ahun
"Étude des bassins houillers de la Creuse" par L. GRUNER, ingénieur des mines
Photos anciennes : Collections privées de Joscelyne, Raoul Martin & Michèle Cottin
Outils : Collection privée de Christophe Ruby et Alain Coldre

 Réalisation & crédits photographiques : Alain Coldre 23/03/99

Merci pour leur importante collaboration, à Mlle Madeleine DUMONT et à Raymond CARTON.

Archéologie, ouvrages a consulter aux archives de la Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse :
A.BOUTHIER , "L'exploitation et l'utilisation de la houille en Gaule romaine"
B.CAUET, "Les mines d'or gauloises en Limousin"
F.DEMAZY, "La métallurgie du fer dans le Berry"
F.de IZARRA, "Hommes et fleuves en Gaule Romaine"
L.LACROCQ : "Contrats pour l'exploitation du charbon de terre"

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